CHAPITRE V

 

Au cours de cette première rencontre, ni Ellie ni moi ne parlâmes de nous-mêmes. En me donnant son nom, la jeune fille avait paru hésiter et je me demandai si elle ne me dissimulait pas sa véritable identité. De mon côté, je m’étais montré sincère.

Ce jour-là, nous ne savions pas très bien de quelle manière nous séparer. Le temps s’était rafraîchi et nous désirions tous deux quitter la propriété… mais après, comment prendre congé tout en sollicitant un rendez-vous ?

Je hasardai :

— Habitez-vous dans la région ?

— Je suis de passage à Market Chadwell.

Je connaissais cette bourgade qui n’est qu’à quelques kilomètres de Kinston Bishop. Je me dis qu’elle logeait sûrement au grand hôtel à trois étoiles.

À son tour, elle questionna timidement :

— Vous vivez ici ?

— Non, je ne suis venu que pour un jour.

La voyant frissonner, je la pressai de partir.

— Nous ferions mieux de redescendre. Êtes-vous arrivée en voiture, ou par le train ?

— En voiture.

Nous suivions la route depuis un moment lorsqu’à un détour, une silhouette surgit brusquement devant nous. Ellie poussa un cri. Je reconnus la vieille Mrs. Lee qui me parut plus sauvage que jamais.

— Que faites-vous donc là ? Qu’est-ce qui vous amène sur le « Champ du Gitan » ?

Ellie répondit, inquiète :

— J’espère que nous n’avons commis aucune faute ?

— C’est possible, mais cette lande appartenait aux nomades avant qu’ils n’en fussent chassés. Rien de bon ne vous arrivera si vous rôdez dans les parages.

— Je suis désolée que notre présence vous irrite ; je croyais que cette propriété se vendait aujourd’hui même ?

— Celui qui l’achètera ne trouvera pas le bonheur ici ! Vous m’entendez, ma jolie ? La malchance accablera celui qui vivra sur le « Champ du Gitan ». Éloignez-vous avant que le malheur ne vous frappe vous aussi.

— Nous ne faisons pourtant pas de mal !

Je grognai d’un ton bourru :

— Allons, Mrs. Lee, n’effrayez pas cette jeune fille. — Puis, me tournant vers Ellie : — Mrs. Lee a une chaumière dans le village. Elle prédit l’avenir. N’est-ce pas, Mrs. Lee ?

— Nous autres, Bohémiens, naissons avec le don. Donnez-moi une pièce, belle demoiselle, et je vous prédirai ce qui vous attend.

— Je ne pense pas que cela me plairait.

— Cela vous permettrait d’éviter des erreurs. Une petite pièce ne vous ruinera pas ! Je sais des choses qu’il serait bon pour vous d’apprendre.

Les femmes ne peuvent résister à la curiosité. Bien souvent, lorsque j’amenais une fille à la fête, elle se dirigeait tout de suite vers la roulotte de la diseuse de bonne aventure. Ellie ne fit pas exception à la règle et, glissant une demi-couronne dans la main crochue de la vieille, elle se déganta et tendit sa paume délicate.

— Ah ! ma jolie, écoutez ce que la mère Lee va vous dévoiler.

Mais, ainsi qu’elle l’avait fait pour moi, elle repoussa ma compagne en maugréant :

— À votre place, je ficherais le camp en vitesse, et ne reviendrais jamais ! Je vous le disais il y a un moment et j’en ai eu confirmation dans les lignes de votre main. Oubliez la maison perchée là-haut et la lande qui l’entoure.

Furieux, je protestai :

— C’est une obsession, à la fin ! De toute manière, cette jeune fille n’a rien à voir avec cette propriété. Elle est étrangère au pays et ne fait qu’y passer !

Ignorant mes remarques, Mrs. Lee poursuivit :

— Je vous préviens, ma jolie, vous pouvez être heureuse si vous le voulez, mais ne provoquez pas le danger là où il rôde. Retournez auprès de ceux qui veillent sur vous et vous aiment. Gardez-vous en sécurité, sinon… sinon. Ah ! je n’aime vraiment pas voir ce qui est écrit dans votre main.

Elle rendit sa pièce à Ellie et s’éloigna rapidement en marmonnant quelque chose du genre : « C’est cruel… Ce qui va arriver est cruel… ».

Ellie, très pâle, chuchota :

— Quelle femme effrayante !

— Ne la prenez pas au sérieux, elle est à moitié folle. Elle essaie de vous effrayer, et je crois que dans la région, on éprouve une sorte de crainte superstitieuse de cette lande.

— S’y produit-il des accidents ? Des faits inquiétants ?

— Les accidents n’ont rien de surprenant, regardez comme la route est dangereuse. Le conseil municipal n’a pas disposé assez de panneaux d’avertissement.

— S’y passe-t-il seulement des accidents… ou d’autres malheurs aussi ?

— Les gens se laissent facilement impressionner. Ils surveillent un endroit et dès que quelque chose d’anormal arrive, ils lui confèrent une mauvaise réputation.

— Est-ce pour cela que la propriété doit se vendre bon marché ?

— Ma foi, c’est possible. Mais, je ne pense pas que l’acheteur sera du pays et s’alarmera pour si peu. Mais, vous tremblez, nous allons marcher d’un bon pas. Préférez-vous que je vous laisse à l’entrée du village ?

— Pourquoi ?

— Je… Écoutez, demain je serai à Market Chadwell et, si vous voulez, si vous y êtes encore, nous pourrions nous revoir ?

Je tournai la tête car je me sentais rougir et j’en étais vexé. Pourtant, si je n’avais rien dit, comment aurais-je pu espérer la revoir ?

— Entendu. Je ne retourne à Londres que dans la soirée.

— Me jugerez-vous impertinent si je vous propose de prendre le thé dans un café ? Si je me souviens bien, le « Chien Bleu » est assez agréable. C’est… c’est… — ne trouvant pas le mot que je cherchais, j’eus recours à l’expression qu’employait souvent ma mère — c’est tout à fait comme il faut.

Ellie éclata de rire et j’eus un peu honte, mais elle ajouta très vite :

— Je suis sûre que l’endroit me plaira. J’y serai. Quatre heures trente, ça vous va ?

— Je vous attendrai. Je suis content.

J’aurais eu du mal à expliquer pourquoi, par exemple.

Le dernier tournant nous révélait les premières maisons du village et au moment de quitter Ellie, je lui conseillai :

— Ne vous laissez pas impressionner par ce que vous a raconté cette vieille sorcière. Elle n’a plus sa tête et prend un malin plaisir à effrayer ceux qui l’écoutent.

— Pensez-vous que ce soit réellement un endroit maudit ?

— Le « Champ du Gitan » ? Non, au contraire.

J’affirmai cela d’un ton un peu trop appuyé pour être vraiment sincère. Mais, pour moi, la propriété n’était qu’un site merveilleux pour bâtir une maison exceptionnelle…

Et c’est ainsi que se passa ma première entrevue avec Ellie. Le lendemain, au « Blue Dog », nous avons parlé de choses et d’autres, sans oser encore nous confier nos secrets respectifs. Bientôt, Ellie jeta un coup d’œil à sa montre et déclara qu’elle devait se hâter car son train passait à 5 h 30.

Étonné, je ne pus m’empêcher de remarquer :

— Je croyais que vous étiez venue en voiture.

Assez gênée, elle m’expliqua que la voiture empruntée la veille ne lui appartenait pas, sans me dire à qui elle appartenait. Un silence lourd s’ensuivit que je rompis assez brutalement :

— Puis-je espérer vous revoir ?

— Je suis à Londres pendant deux semaines encore.

— Où puis-je vous rencontrer ?

Nous convînmes de nous retrouver dans Regent’s Park, trois jours plus tard.

Le beau temps nous favorisa. Après avoir déjeuné à la terrasse d’un restaurant, nous nous sommes installés dans des chaises longues, et commençâmes à parler de notre passé. Je lui racontai mes études dans une bonne école, puis mon existence aventureuse. Aussi étrange que cela paraisse, l’énumération de mes divers métiers enchanta mon auditrice.

— C’est tellement différent, merveilleusement différent !

— De quoi ?

— De moi.

— Vous êtes riche ?

— Hélas… je suis une pauvre petite fille riche.

Elle me dépeignit alors la vie qu’elle menait, avec son confort étouffant, son ennui, sa solitude. Parfois, elle enviait ceux qui ont une vie agitée, alors qu’elle restait isolée du reste du monde. Sa mère étant morte peu après sa naissance, son père s’était remarié avec une jeune femme excentrique. Il mourut quelques années plus tard. Je devinai qu’Ellie n’aimait pas sa belle-mère qui menait une vie mondaine et voyageait beaucoup. Son point d’attache était l’Amérique.

Je trouvais fantastique qu’à notre époque, une jeune fille pût mener une existence aussi confinée. Elle assistait bien à quelques réceptions, mais en l’écoutant me les décrire, je me figurais transporté cinquante ans en arrière.

— Vous n’avez pas d’amies ? Pas d’amoureux ?

— Mes chevaliers-servants sont sélectionnés à l’avance ; je les trouve tous insipides.

— C’est une existence de recluse !

— Dieu merci, maintenant ça va changer, j’ai une amie, Greta.

— Qui est-elle ?

— On me choisit chaque année une étrangère, afin que je cultive les langues, et cette année, comme je dois perfectionner mon allemand, c’est Greta qui me sert de professeur. Elle est différente des autres filles venues au pair. Depuis son arrivée, ma vie est transformée.

— Vous tenez beaucoup à elle ?

— Elle est de mon côté. Elle s’arrange toujours pour que je puisse sortir ou échapper à ma famille. Elle ment pour moi et c’est grâce à elle que j’ai pu venir au « Champ du Gitan ». Ma belle-mère me confie à Greta chaque fois qu’elle s’absente et si je veux m’offrir une escapade, je rédige plusieurs lettres à l’avance que Greta poste pour moi en temps voulu.

— Quelle raison aviez-vous de vous rendre au « Champ du Gitan » ?

— Greta et moi avons organisé cette expédition. Elle est merveilleuse, vous savez, elle a toujours un tas d’idées.

— Comment est-elle ?

— Très belle, grande et blonde. De plus, elle sait tout faire.

— Je ne crois pas qu’elle me plairait.

Ellie rit.

— Je suis sûre que si. Elle est aussi très intelligente.

— Je n’aime pas les filles trop intelligentes, pas plus que les grandes blondes. Je préfère les petites filles délicates, aux cheveux couleur feuille d’automne.

— Je crois que vous êtes jaloux de Greta.

— Possible. Vous l’aimez beaucoup, n’est-ce pas ?

— Elle a transformé ma vie.

— C’est elle qui vous a suggéré de venir au « Champ du Gitan ». Je me demande pourquoi ! Il n’y a pas grand-chose à voir dans un tel trou.

— C’est notre secret.

Devant son embarras, j’insistai :

— À Greta et à vous ? Confiez-le moi !

— Non. Il faut bien que je garde quelques secrets pour moi seule.

— Votre Greta est-elle au courant de notre rencontre d’aujourd’hui ?

— Elle sait que je vois quelqu’un, mais elle ne pose jamais de questions. Elle devine que je suis heureuse à présent.

Après cette journée, nous restâmes une semaine sans nous voir. La belle-mère était de retour de Paris, avec un personnage qu’Ellie nommait « oncle Franck ».

Notre rendez-vous suivant fut très bref. Ellie m’expliqua que son anniversaire approchait et que pour l’occasion, sa famille allait organiser une grande fête à Londres.

Elle conclut d’un air mystérieux :

— Durant la semaine qui suivra, je ne pourrai m’échapper, mais après… après, ce sera différent.

— Et pourquoi donc ?

— Il me sera alors possible d’agir comme il me plaira.

— Avec l’aide de Greta, comme d’habitude ?

Ma façon ironique de parler de son amie l’amusait toujours.

— Vous êtes ridicule de la détester ainsi. Un jour, il faudra que vous fassiez sa connaissance. Je suis certaine que vous l’aimerez.

— J’ai horreur des filles autoritaires.

— Qu’est-ce qui vous fait supposer que Greta soit ainsi ?

— La manière dont vous parlez d’elle.

— Elle est très compétente et ma belle-mère a une confiance aveugle en elle. C’est pour cela que je la trouve formidable !

— Oublions Greta et parlez-moi de votre oncle Franck.

— Je ne sais pas grand-chose de lui. Il était le mari de ma tante – la sœur de Daddy — Je crois savoir qu’il n’a jamais voulu travailler et qu’il a eu des ennuis, une ou deux fois.

— Sérieux ?

— Non, je ne pense pas, mais ils ont coûté très cher.

— Il est donc l’enfant terrible de la famille ? J’ai le sentiment que je m’entendrais mieux avec lui qu’avec votre vertueuse Greta.

— Il sait se montrer fort aimable.

— Mais vous ne l’aimez pas !

— Je crois que si, mais… j’ignore toujours ce qu’il fait.

Elle ne me proposait jamais de rencontrer sa famille. Je décidai de lui poser la question qui me tenait à cœur.

— Vous ne pensez pas qu’il serait bon que les vôtres me connaissent ?

— Je ne veux pas !

— J’imagine que je ne corresponds pas à…

— Ce n’est pas ce que je voulais dire, du tout ! Ils en feraient toute une histoire et je ne pourrais le supporter.

— Je ne puis m’empêcher de me considérer comme un intrus.

— Je suis assez grande pour choisir mes amis. J’ai presque vingt et un ans, et le jour de ma majorité, personne ne pourra s’interposer entre moi et eux. À l’heure actuelle, malheureusement, il est encore trop tôt. S’ils apprenaient que je vous vois, ils m’emmèneraient quelque part où il me serait impossible de communiquer avec vous. Je vous en prie, Michaël, ne changeons rien au présent.

— Si vous jugez qu’il vaut mieux dissimuler…

— Il n’y a aucune dissimulation à garder près de soi un ami, avec lequel on puisse parler librement et même… bâtir des chimères.

Oui, nous bâtissions des chimères. Parfois, je lui confiais mes rêves et souvent elle se laissait aller à enchaîner : « Supposons que nous ayons acheté le « Champ du Gitan » et que nous y construisions une maison… »

Je lui avais beaucoup parlé de Santonix et de son travail. J’essayais de me mettre dans la peau de l’architecte pour lui décrire ses créations. Je me doutais bien que ces explications ne correspondaient pas exactement à ce que je voulais exprimer, mais je comprenais qu’Ellie savait exactement comment serait la maison… notre maison. Nous n’employions jamais ce « nous » mais nous étions convaincus que nous le pensions l’un et l’autre.

Je ne devais pas revoir Ellie pendant huit jours. Avant notre dernier rendez-vous, j’avais retiré de la banque mes maigres économies pour lui acheter une petite bague en forme de trèfle ornée de pierres d’Irlande. Ellie ne portait pas beaucoup de bijoux, mais je ne doutais pas que ses écrins ne renfermassent des diamants, des émeraudes et autres merveilles.

Toutefois, lorsque je lui offris le petit anneau de rien du tout, elle eut une expression heureuse qui me ravit. Elle me jura :

— Ce sera le cadeau d’anniversaire qui me plaira le plus.

Le lendemain, je reçus d’elle un mot écrit à la hâte, dans lequel elle m’expliquait qu’après son anniversaire, sa famille l’emmènerait sur la Riviera française.

— Mais, ne vous inquiétez pas, poursuivait-elle, nous serons de retour d’ici deux ou trois semaines, puis en route pour l’Amérique. Nous nous reverrons avant le grand départ et je vous parlerai de quelque chose de très important.

Je me sentis mal à l’aise d’apprendre qu’Ellie se rendait en France. Moi aussi, j’avais quelque chose de très important à lui apprendre. « Le Champ du Gitan » avait été vendu. J’avais réussi à découvrir la firme londonienne qui s’était occupée des démarches, mais, même en donnant un solide pourboire au clerc le plus corruptible de l’étude, je n’avais pu apprendre le nom de l’heureux propriétaire.

Les nerfs en pelote, je décidai de ne plus penser à rien et d’aller rendre visite à ma mère. Il y avait un bout de temps que je ne l’avais vue.

 

La nuit qui ne finit pas
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